Mise en évidence du parcours sincère d’un homme dont la vie s’est élaborée autour d’une démarche artistique authentique et sans compromission.
Ce n’est pas d’entrée de jeu que l’artiste dévoile les diverse facettes de sa création. Maître de l’aquarelle, coloriste délicat, Gottfried Salzmann mesure l’infinité des tonalités que lui offre cette technique, combinant les jeux de pigment, de l’eau, du grain du papier, alchimie subtile dont il connaît tous les secrets mais qui le surprend encore.
Des paysages vaporeux d’une nature mystérieuse, Gottfried Salzmann en renforce l’évanescence des tons verts et ocrés. Attiré par la ville et ses touches, facettes multiples que notre perception visuelle restitue dans sa globalité. Paradoxe de ses aquarelles qui excellent à magnifier la fluidité de la matière minérale de la pierre, le béton, l’acier ou le verre. !
Les sites urbains supplantent progressivement les paysages ruraux et s’inscrivent dans une problématique très actuelle. Le traitement des reflets poussés au paroxysme livre une vision personnelle de la perception de notre environnement.
L’importance des valeurs des noirs et blancs est primordiale dans les dessins et certaines gravures. L’artiste qui se défend de l’abstraction révèle la complexité des limites du dessin quand il épure les tracés au point de ne plus que les suggérer.
Le velouté des aquatintes, propre à l’artiste, rappellerait le traitement des aquarelles mais la connaissance intime qu’il a de la plaque de cuivre lui permet d’en exprimer des subtilités peu communes.
Bernadette Boustany
Conservateur du Patrimoine – Musée de Saint-Maur